Bienvenue à Marwen
Plate-forme : DVD - Blu-Ray
Date de sortie : 29 Mai 2019
Résumé | Test Complet
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Redaction


7/10

Réalisé par Robert Zemeckis.

Mark Hogenkamp (Steve Carell) était déjà connu auparavant dans sa petite ville, à l'époque comme peintre. Maintenant, il est plutôt une triste célébrité. Parce qu'il ne se souvient plus de son passé, il ne peut plus peindre. C'est un groupe de voyous qui l'a violemment attaqué et qui l'a conduit dans le coma. Depuis, il évite la plupart des gens et préfère la compagnie des poupées. Il joue des histoires avec elles et se retire de plus en plus dans son propre monde. Jusqu'au jour où Nicol (Leslie Mann) emménage dans la maison de l'autre côté de la rue et que son monde d'émotions soit bouleversé. Et ce n'est pas la seule raison des troubles : le procès approche, où Mark est censé témoigner contre les hooligans. Mais veut-il vraiment les affronter à nouveau ?

Quand un homme adulte joue avec des poupées, quelque chose ne va pas. C'est le cas avec Mark Hogenkamp, le vrai, qui a été presque battu à mort par cinq hommes en 2000, autant qu'avec la version fictionnelle de ce film. Ce qu'ils ont en commun, c'est qu'après leur traumatisme, ils ont construit une version miniature d'un village belge pendant la Seconde Guerre mondiale et l'ont peuplé de poupées. Des poupées qui sont basées sur de vraies personnes de la vie de Hogenkamp. Une présentation sur les traumatismes dans laquelle la vie réelle et la vie fictive se fondent l'une dans l'autre. Le cas est devenu connu lorsqu'un photographe a pris connaissance de l'œuvre. Un documentaire a suivi plus tard. Et maintenant aussi la version hollywoodienne. Elle vient de nul autre que Robert Zemeckis, qui fut l'un des grands de sa profession grâce à des films comme Retour vers le Futur, Qui veut la peau de Roger Rabbit et Forrest Gump. Mais le vétéran a finalement eu un peu de malchance, seul le drame alcoolique Flight a eu un succès (relatif) au box-office. Son adaptation de Marwen a même été un désastre complet aux États-Unis. Il est peu probable que quelque chose change dans ce pays, car le film et son contenu sont trop particuliers pour cela. Pourtant, le sort de Hogenkamp vaut la peine d'être raconté. Un homme qui a été dépouillé de son passé crée le sien à l'aide de jouets. C'est extrêmement tragique, voire effrayant, une histoire pleine d'abîmes mais aussi de questions identitaires. Bienvenue à Marwen ne laisse pas autant de traces non plus.

Au lieu d'affronter l'horreur, Zemeckis la transforme plutôt avec légèreté. Comme s'il voulait s'adresser aux masses sans se rendre compte que le sujet ne convient pas du tout au grand public. Parfois, il est même un peu troublant de constater qu'un traitement difficile devient une petite curiosité agréable. Comme si le film ne prenait pas son propre personnage au sérieux, comme si Bienvenue à Marwen aurait préféré être une comédie. Le film est drôle encore et encore. Surtout les séquences fantastiques quand les marionnettes prennent vie - malheureusement sous la forme de CGI et non d'un stop motion évident - sont souvent merveilleusement étranges. La juxtaposition de scènes tristes et ridicules n'est pas la meilleure idée. Les premiers ne sont pas inefficaces, aussi parce que Steve Carell (Beautiful Boy) joue un gars touchant qui ne comprend rien au monde extérieur. Celui qui éveille automatiquement des instincts protecteurs qui rebondissent sur lui sans aucun effet. Parce qu'il n'est même pas assez réaliste pour ça. Ceci s'applique à de nombreux personnages, tant humains que manufacturés, l'expressivité est comparativement faible, d'autant plus qu'il n'y a pas de développement significatif. C'est encore assez divertissant et émouvant pour s'impliquer dans le monde de cette poupée. Il ne reste plus que le sentiment que cette histoire aurait pu être bien plus.

VERDICT

-

Un homme battu sombre dans le coma et plus tard ne s'occupe que de poupées, c'est fou, mais c'est vrai. "Bienvenue à Marwen" joue avec la tragédie mais en fait un film entre comédie idiote et drame inspirant. Le thème aurait pu être plus vaste, mais pour un public plus large, c'est encore trop bizarre.

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